Halong, îles et îlots flottant comme des nuages
TTO - Après avoir visité plusieurs merveilles du monde et retourné au Vietnam pour revoir la patrie, on découvre qu’il y a quand même beaucoup de patrimoines qui ne sont pas moins merveilleux que ceux du reste de la planète.
La baie d'Ha Long. Photo: SangPro
Celui qui a écrit ces lignes avait eu la chance de faire trois fois le tour du monde, de visiter au moins quarante pays, de barouder pour recueillir dans sa mémoire et en même temps par esprit professionnel toutes les beautés naturelles ; déjà émerveillé devant les chutes de Niagara en Amérique du Nord, la levée de l’Aube en Laponie ou les paysages de Rio de Janeiro en Amérique du Sud, nulle part il n’avait eu un tel sentiment de beauté et de majesté que dans la baie d’Halong qu’il a visité récemment au Nord du Vietnam.
J’ai déjà rencontré dans le temps des européens comme des asiatiques parlant de la beauté de la baie d’Halong. Par exemple il y a ce marin européen qui trouve qu’elle est très belle et mystérieuse comme un groupe de navire miraculeux, un autre dit qu’elle apparaît dans le brouillard si belle qu’il en a oublié qu’il avait le mal de mer, etc.…
Quand j’écris jusque là je pense aussitôt à mes amis qui aiment mon pays, qui ont découvert cette merveille et la couvraient de louanges pendant que je faisait mes études à l’étranger. Mais aujourd’hui, devant elle, je m’aperçois que toutes ces louanges étaient encore en dessous de la réalité.
Il faut dire que récemment la Société de Tourisme et la Société Maritime m’ont demandé de faire un projet de construction d’un point d’accueil en vue d’un meilleur service envers les touristes et des marins des navires de commerce qui accostent au port de Hon Gai (Quang Ninh ville). C’est pour cela qu’avec un nouvel ami et moi sommes accueillis à Hanoi et amenés juste auprès de l’endroit prévu pour la construction.
Afin de profiter de la matinée du lendemain, nous sommes arrivés dans la nuit à Bai Chay. Epuisés par le trajet, nous nous sommes endormis juste après le dîner tardif. Le lendemain, au petit matin, quel ébahissement de découvrir pour la première fois la baie d’Halong dans la brume, à la fois infernale et paradisiaque, si merveilleux que l’on ne réalisait même pas si c’était la réalité ou un rêve.
Ce n’est pas parce que j’étais à moitié endormi que j’ai dit que c’était une moitié dans les rêves et l’autre moitié pour de vrai. Le « pour de vrai » est qu’il fait nettement plus froid que dans le Sud, de ma ville natale. J’ai dû fouiller la valise pour prendre un pull, une écharpe contre le froid d’ici.
C’était « pour de vrai » parce que j’ai vu la queue de navires marchands immenses, éblouissants de lumière dans le brouillard. Toutefois, c’était « en rêve » parce que je me suis demandé pourquoi c’était une tableau si extraordinaire. C’était comme un lavis mais en plus beau, car il y ressortait une certaine vitalité.
A travers les rameaux de pins et ceux d’un grand arbre devant l’hôtel Halong, la scène ressemble légèrement à celle de Dalat, à l’instar de Buon Me Thuot, mais aussi comme Nice dans le sud de la France, où l’on peut voir les routes, puis la plage et l’eau…. L’eau émeraude, des montagnes avec des arbres verts, argentés par la brume.
Puis, apparaît majestueuse, la montagne calcaire de Ninh Binh qui est plus verte et plus brillante; puis à l’avant et à l’arrière des îlots, les différentes couches de rochers, une escalade de collines entourant la baie, se cachant dans un voile translucide créé par la brume, se renouvelant continuellement en donnant une sensation d’infini.
Les nuages, le soleil semblent fendre la surface de l’eau. La montagne n’a jamais pris une lumière si ouatée, si scintillante que tout préjugé sur le fait qu’une montagne est dure, solide doit être effacé de mes modestes connaissances.
Et puis, chaque bateau à voile, dont le couple de voiles spéciales à cette région ressemblent à un caméléon que j’avais vu dans la montagne Bach Ma, près de Cau Hai-Hue, traverse doucement entre les îlots, comme si les bateaux restaient immobiles et que la montagne flottait. Toutes les idées du mouvement ou d’immobilité, de lourdeur ou de légèreté jouent de mes sens.
Dans l'immense paysage, quelques pétrels blancs, volaient de l'avant vers l'arrière, puis soudainement se jetaient à l'eau ou nageaient de façon imprudente. Il n'y a rien de plus intéressant que de vivre dans la nature.
La nature ici est si miraculeuse, mystérieuse que personne ne peut la décrire. L’eau, les nuages et le ciel bleu semblant parler les uns aux autres, apparaissent soudainement et disparaissent ensuite. Tout devient immense mais doux, sans limite mais proche, et suscite beaucoup d’émotions et de nostalgies, etc...
Comme mon nouvel ami été bien placé, et non comme moi, il n’a pas hésité de prendre lui-même le papier et l’encre et me les donna parce qu’il sait bien que j’aime peindre quand je suis devant de beaux paysages.
J’ai donc mis le papier sur la table pour peindre, suivant la technique du lavis…mais comme la scène est si immense, si excitante, je n’osais pas la décrire sur un papier d’un mètre de longueur. Ma main tremblait, mon front suait malgré le froid d’ici.
Où dois-je commencer ? Je dessine la scène proche ou la lointaine en premier? Qu’est ce qui est loin ? Qu’est ce qui est proche ? Certains plans sont proches ou et d’autres éloignés, tandis que les montagnes se succèdent sans fin. Comme l’écrivain Vũ Phạm Hàm disait quand il était à Huong Son : « les montagnes sont devant, les montagnes sont derrière et nous sommes au milieu ».
Ce n’est pas comme à Huong Son «Đoàn mục thụ bóng chiều vừa ngả, dắt trâu về lả tả đều ghềnh» (coucher du soleil sur un groupe de buffle, dirigé par un jeune pâtre, qui retourne à la maison) où ce premier plan donne l’effet de proportion. Ici, il y avait des nuages et de l'eau, des îlots devant et derrière, des bateaux et des ports, de la fumée blanche et de la brume , les couleurs de l'aube, avec deux couleurs noir et blanc et des sentiments embrouillés… Comment étais-je capable de dépeindre la scène.
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La baie d"Ha Long à la chute du jour |
Pendant l’après-midi, j’étais sur le bateau Halong II pour visiter de plus près les îlots cités auparavant.
J’ai vu les îles aux murs verticaux, spectaculairement en équilibres. J’ai été soudainement pétrifié par l’idée que c’est là la véritable architecture : l’accord parfait entre la peinture et la sculpture. La différence est que certains de ces blocs ont dû être creusées par le temps sur des millions d'années.
Je dois rappeler la contribution de millions de personnes depuis des milliers d'années envers mon pays d'origine, où j'ai grandi, où j’ai été élevé et obtenu un grand nombre de réussites, de « fruits », mais je n'ai jamais eu la chance de faire quelque chose de comparable à ce que la faveur de la nature nous donne.
Je pensais que embellir les merveilles de la nature par mon humble art, cela n'était pas raisonnable. Si nous avons quelque chose à construire pour répondre à un tel besoin, comme nous dépendons de cette nature, il vaut mieux être en conformité avec elle, on ne doit pas construire de bâtiments rigides qui défigure cette nature...
C’est l’heure du coucher de soleil, un mélange de la lumière dorée avec la couleur grise des pierres, parsemée de vert, plus pâle sous le brouillard. Cela m'a rappelé les après-midi de l’Europe du Nord, de l'Amérique du Sud ou de la montagne Tay Nguyen du Vietnam. C’est vrai que nul endroit m’a donné autant d’émotions qu’ici.
N’importe où j’ai été, soit sur la crête des montagnes enneigées en Autriche, soit en entre ciel et terre dans la région du Niagara entre les Etats Unis et le Canada, soit face au port de Rio de Jeneiro au Brésil, soit à partir du col de nuage sur le paysage de Lang Co ou ramant dans la fleuve Tien, la fleuve Hau, je gardais encore leurs intonations, leur rythme et leur beauté.
Mais ici, mon cœur a été soulevé à un niveau où je me suis senti sans bruit, sans beauté. Devant un paysage si grandiose, à la fois romantique et idyllique, calme mais aussi actif, j'ai senti que mon esprit a été rajeuni et s’est rempli d'émotions.
Confus, stupéfait par cette merveille, j’ai été tout à coup réveillé par le marin appelant pour accoster au quai. Quelques collègues et amis sont venus voir ma peinture, puis m’ont félicité. C’est là que je me rappelle soudainement qu’il y avait non seulement des visiteurs mais aussi des jeunes femmes élégantes pendant le trajet. J’ai été tellement impoli, car je n’ai eu aucune conversation avec eux, que pour me faire pardonner, je me permets d’écrire ces lignes pour les remercier de leur compréhension.
Architecte NGO VIET THU (Traduit par NGUYEN NHAT HONG)
Objectifs du vote:
TTO - Propager l’image d’un Viet Nam fascinant et d’une adresse touristique du monde à visiter. Avec pour con- séquence le développement du tourisme et de l’économie, et susciter le patriotisme et la fierté nationale chez les Vietnamiens. À partir de cela, construire une conscience de sauvegarde et de mise en valeur des beaux sites du pays. Ensuite, sur l’initiative du New7Wonders, proposer l’inscription de la baie d’Ha Long, les grottes de Phong Nha - Ke Bang et le sommet Fansipan sur la liste des nouveaux patrimoines naturels du monde, en vue du premier tour de vote. (Ce premier tour de vote sera terminé le 31 décembre 2008).